La PANNE

46/1/2311, 10h - Agence
La recherche d'emploi est une activité récurrente dans l'histoire humaine. Dès lors qu'il a été question d'échange, de monnaie, de s'occuper... mais pas pour rien, l'homme a voulu transformer son énergie potentiel en énergie cinétique moyennant une contrepartie significative (nourriture, faveur sexuelle, pause déjeuner, salaire de misère...). Mais au fil de l'Histoire, le travail devenant de plus en plus rare (trop d'énergie cinétique crée de l'inertie : il suffit de voir les italiens qui bougent beaucoup pour rien), on a créé des emplois pour chercher des emplois à des sans-emploi ! On a même former des employés pour former des employés à chercher comment employer des hypothétiques employés. Une sorte de circuit fermé, un peu comme les profs à votre époque : on formait des profs pour former des profs à devenir profs pour qu'eux-même incitent des enfants de profs à devenir profs : une activité à faire tourner des éoliennes !
Ainsi, me voici salarié de la PANNE : Première Agence Nationale des Nouveaux Emplois. Inutile de vous narrer les innombrables jeux de mots que ce titre a inspiré à d'innombrables pseudo-humoristes aux verbiages aussi légers qu'une tablette numérique ! Le gouvernement avait hésité avec la NAPPE : Nouvelle Agence Pour le Plein Emploi, mais avait eu peur de la tâcher avec des illusions de prospérité. Les nouvelles technologies aidant, de nouveaux emplois sont apparus sans cesse et les agences de publicité payées par les autorités nous ont fait le coup de la PANNE.
Me voilà donc à proposer des postes de pilotes de Rover martien, des formations pour boucher les bouteilles d'eau synthétique, des CDD de pilote d'Astronef pour touristes férus de voyages lunaires et, comme par exemple ce matin, un CDI de désintégrateur de cadavre au Père Lachaise.
Généralement, les demandeurs d'emploi viennent ici avec un CV minimum : BAC+10, Doctorat dans une discipline aussi inutile que la Physique Quantique ou la Littérature du XXIIIème siècle, tout ça pour repartir avec un contrat d'Opturologue ou de Myagarde... c'est triste !
Oups, je dois vous laisser, un nouveau client arrive, je dois justifier ma pause déjeuner de 10 minutes !